Le voyage commence ici
De l’autre côté
de la carte postale.
Il faudrait arriver à Tanlay sans se presser. Suivre les façades, passer sous les tilleuls, puis s’arrêter devant les deux petites halles qui bordent la place.
Au XVIe siècle, on y tenait des foires. Avant nos appareils photo, cette place était déjà un lieu de passage et de rencontres. Les halles en ont gardé la présence.
Derrière le Petit Château se découvre la grande demeure Renaissance, bâtie sur les fondations d’une ancienne forteresse et achevée au XVIIe siècle. Devant les douves, regardez deux fois : le château se dessine dans la pierre, puis recommence dans l’eau.
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Mais Tanlay mérite aussi que l’on s’attarde au-delà de cette image célèbre. Le lavoir, les rues et le canal racontent une histoire plus quotidienne : celle du travail, des départs et des retours.
Une photographie ancienne nous invite à observer autrement. Reconnaître une toiture, retrouver une perspective, chercher ce qui a changé. Au retour de votre promenade, une maison que vous aviez à peine remarquée vous semblera déjà familière.
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Sous les arcades
La ruelle que l’on
n’avait pas prévue.
À Noyers, levez les yeux avant de chercher votre chemin. Les poutres dessinent des lignes sur les façades. Sous une arcade, la lumière s’interrompt, puis revient sur les pavés.
Vous étiez venu voir un village médiéval. Vous voilà à observer une poignée de porte. C’est souvent ainsi que commence la rencontre.
Blotti dans une boucle du Serein, Noyers conserve maisons à pans de bois, portes et vestiges de remparts. Aujourd’hui encore, les ateliers d’artisans prolongent la vie de ses rues.
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Un souvenir de cinéma. À Noyers, les extérieurs de l’Hôtel du Globe de La Grande Vadrouille ont été tournés avec Bourvil et Louis de Funès. La maison à pans de bois appartient au village bien réel ; la scène intérieure des chaises musicales a été réalisée en studio. Une façade peut ainsi devenir un souvenir partagé par des millions de spectateurs.
Au musée des Arts naïfs et populaires, la collection donnée par Yankel et les œuvres de son père, Michel Kikoïne, ouvrent une autre promenade, faite de couleurs et de regards singuliers.
Avant de repartir, rejoignez le Serein. Au retour à Tanlay, vous vous souviendrez peut-être surtout d’un passage couvert, d’une conversation ou de cette petite rue que vous n’aviez pas prévu d’emprunter.
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La Renaissance en Bourgogne
Une rencontre
avec l’Italie.
Entrez dans la cour. Regardez les arcades, les ouvertures, les lignes qui se répondent. Faites quelques pas sur le côté : la perspective change, l’équilibre demeure.
Au XVIe siècle, Antoine III de Clermont-Tonnerre fait construire ici un château conçu par l’architecte italien Sebastiano Serlio. Au cœur de la Bourgogne, une autre manière de bâtir prend forme.
À l’intérieur, les peintures murales demandent que l’on ralentisse encore. Le regard suit une figure, découvre un détail, revient sur une couleur.
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Après la visite, gardez un moment pour parcourir le bourg. Les maisons, les rues et les commerces rendent au lieu son échelle quotidienne.
De retour au Point de Vue de Tanlay, vous aurez peut-être envie de comparer les deux châteaux : leurs lignes, leurs décors, leur rapport au paysage. Deux étapes proches peuvent ouvrir deux voyages très différents.
Découvrir le château d’Ancy-le-Franc ↗
1293 · Une reine laisse une maison de soins
Une grande salle
pour accueillir.
À Tonnerre, l’histoire nous fait entrer dans un lieu pensé pour les autres. Sous une immense charpente, la salle de l’Hôtel-Dieu rappelle que le patrimoine raconte aussi le soin et l’accueil.
En 1293, Marguerite de Bourgogne, reine de Sicile et comtesse de Tonnerre, fonde l’Hôtel-Dieu Notre-Dame des Fontenilles. La bâtisse accueille les malades et les pauvres : derrière la grandeur du monument, il y a cette vocation très humaine.
Feuilletez les photographies : une vue ancienne non datée, un détail sculpté photographié en 1905, puis une vue extérieure de 2012. Comparez les volumes des façades sur les vues extérieures. Les angles diffèrent ; le voyage consiste à reconnaître le lieu, puis à aller le regarder vous-même.
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Une archive ne nous raconte pas tout. Elle garde un état du bâtiment, un regard de photographe, une lumière. Les vies qui ont traversé ces murs nous échappent en grande partie, mais la fonction du lieu nous rapproche d’elles.
Après cette halte, poursuivez dans Tonnerre vers la Fosse Dionne et les rues du centre ancien. De l’eau mystérieuse à la grande salle de l’Hôtel-Dieu, la ville donne plusieurs chemins à la curiosité.
Lire l’histoire de l’Hôtel-Dieu ↗
Quatre regards sur Commissey
Au fil de l’eau,
au fil des vies.
Un toit pour abriter le travail, un bassin pour rincer le linge, une passerelle au-dessus du courant. Le lavoir nous rapproche de la vie quotidienne d’autrefois.
Parcourez les photographies du bassin et des abords. La vue prise en 2012 situe le lavoir près du canal ; la carte postale ancienne élargit la promenade au port de Commissey.
Construit en 1852, le lavoir rappelle le travail physique des femmes qui lavaient le linge à la main. Plus bas dans le carnet, un récit leur est consacré.
Lire « Les voix que l’eau garde » ↓Une voie de travail et de commerce
Quand les quais
étaient au travail.
Regardez la carte de Commissey : sur la berge, les piles occupent le quai. Avant les promenades et les bateaux de vacances, le canal appartenait au transport des marchandises.
Bois, charbon, céréales, pierres et autres matériaux circulaient sur le canal de Bourgogne. La carte nous montre des stocks au bord de l’eau ; leur nature précise ne peut être déterminée avec certitude sur ce seul document.
À Tanlay, le commerce laisse aussi une trace écrite : en 1841, les commerçants réclament un mur d’embarcadère et l’ingénieur Leblanc en prépare le projet.
Lire l’histoire du canal et de ses quais ↓